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Le commentaire

   

    Le travail préparatoire
        Le questionnement
                l'essai
                le dialogue
                l'apologue
                le théâtre
                l'épistolaire

                le biographique

                la poésie
        La rédaction du commentaire

           

 

                   Le commentaire concerne un des textes du corpus, voire deux quand il s'agit d'un commentaire
           comparé. Le commentaire consiste à relever, identifier, classer et interpréter les procédés d'écriture
           et les thèmes du texte étudié afin de mettre en évidence les enjeux, l'intérêt littéraire et les effets et ainsi
          de saisir son originalité.

          Le travail préparatoire à effectuer

          - La première étape consiste à identifier le genre du texte :                               

                                                                

L'ESSAI  
 l'essai
  le traité
  l'article
  le discours, le sermon, le manifeste, le pamphlet
  le témoignage
  les réflexions, les fragments, les maximes
  la préface
LE DIALOGUE
 le dialogue philosophique
  le dialogue théâtral
  le dialogue romanesque
L'APOLOGUE
  le conte traditionnel
   le conte philosophique
   l'exemplum
   la parabole
   la fable versifiée ou en prose, le poème allégorique
   le roman à thèse, le théâtre à thèse
LE THEATRE
   le dialogue
   la tirade
   le monologue
L'EPISTOLAIRE
  la lettre privée
   la lettre semi-privée
   la lettre ouverte
   la lettre dans un roman, une pièce de théâtre
   le roman épistolaire
   la lettre-poème versifiée ou non
LE BIOGRAPHIQUE
  la biographie
   le portrait, l'éloge, l'hommage, l'oraison funèbre
   l'essai
   les mémoires
   le journal, le récit de voyage, les notes
   l'autobiographie, le récit de vie
   le roman autobiographique, l'auto-fiction
LA POESIE
   
   le poème versifié de forme fixe ou de forme libre
   le poème en prose


             Il faut alors confronter le genre que l'on a identifié, avec l'objet d'étude ou les objets d'étude présents    
             dans le corpus et avec les autres documents, pour trouver la spécificité du texte étudié. 

             Il faut prendre en compte les indications données par le paratexte :
                                                 - nom de l'auteur          
                                                 - titre de l'oeuvre 
                                                 - date de publication
                                                 - et parfois, une introduction de contextualisation ( paragraphe en italiques qui
                                                    précède le texte)  
             qui peuvent apporter des informations sur le mouvement littéraire, le contexte historique et culturel  et
             aider à comprendre la situation et les personnages évoqués dans le passage.

             - La deuxième étape consiste alors à se poser les questions d'analyse particulières au genre identifié :   

                     

L'ESSAI
   -le thème
   -la thèse (défendue, réfutée)
   -la stratégie (affirmation, opposition, concession,
   démarche déductive ou inductive, raisonnement par l'absurde)
   -les connecteurs logiques
   -l'organisation du texte (en paragraphes ou non, leur taille, les jeux de
    typographie)
   -les arguments (logiques, par l'exemple, d'autorité,
    par analogie, ad hominem)
   -les illustrations (exemples, anecdotes, saynètes, d'où la présence de
    passages narratifs et/ou descriptifs)
   -l'explicite, l'implicite, le sous-entendu
   -l'énonciation (indices de personne, place de l'émetteur, du     destinataire, prise en compte du destinataire)
   - niveau de langue, ton, vocabulaire, références à des valeurs ou      repères auxquels le destinataire est attaché - marques de jugement)
   -les registres
   -les champs lexicaux (dénotation, connotations)
   - le rythme des phrases (période, rythme binaire, ternaire, cadence      majeure, mineure)
   -les figures de style (figures d'analogie, d'expansion,d'atténuation,     d'opposition, figures créatrices de vie)   
LE DIALOGUE
   -le genre auquel appartient le dialogue (théâtre, roman, 
    dialogue philosophique)
   -le nombre des intervenants, la longueur de leurs prises de parole     (stichomities, répliques, tirades, accaparement de la parole, gêne,      mutisme, respect de la parole de l'autre, les apartés), le mode
    d'enchaînement des répliques (question, opposition, assentiment,     reprise de termes)
   -la structure du texte
   -le thème (étude des champs lexicaux)
   -la ou les thèses
   -les stratégies (exposé, concession, opposition, recherche d'un     accord, convaincre, persuader), l'efficacité de ces stratégies
   -l'expression des arguments (types d'arguments,connecteurs,     exemples)
   -l'expression des sentiments, de l'émotion (modalités, figures de     styles)
   -les relations entre locuteurs (énonciation, modalités de phrases,     niveaux de langue, registres, rythmes des phrases), l'évolution
    de ces relations (évolution des idées, des arguments, du ton,
    des sentiments, des attitudes), qualité de la communication (réussie,
    difficile, impossible, verbale, non-verbale),
    caractérisation des personnages par leur langage et leur
    discours
   -le type de dialogue (didactique, dialectique, polémique)
   -le non-dit, le sous-entendu, l'implicite
   -la place de l'auteur dans le dialogue (repérable ou non)
   Dans un dialogue théâtral, pensez à étudier
   -les didascalies
   -la double énonciation
   Dans un dialogue romanesque, pensez à étudier
   -la place ou l'absence de la narration dans le dialogue
   Dans un dialogue philosophique, pensez à étudier
   -la résonance du texte par rapport aux débats contemporains
    de l'écriture 
L'APOLOGUE
   -le titre
   -le schéma narratif (étapes, indices spatio-temporels, temps
    verbaux, systèmes d'enchaînement des événements)
   -le schéma actantiel
   -la caractérisation des personnages
   -la proportion du récit, de la description (part souvent
     importante dans l'Utopie), du dialogue
   -le ou les thèmes
   -le lexique (champs lexicaux, dénotation, connotation)
   -la situation du narrateur par rapport au récit  (distance, implication
    discrète, affichée, commentaires, marques de jugement)
   -la focalisation (interne, externe, zéro)
   -l'énonciation (place du lecteur)
   -les registres (celui de l'enseignement : didactique; ceux de l'attaque :
    polémique, ironique, satirique, parodique, burlesque;
   ceux de l'émotion : lyrique, pathétique)
   -les figures de style
   -la ou les thèses et les positions perceptibles de l'auteur
   -la stratégie argumentative (raisonnement par analogie,
    par déduction si l'enseignement est placé au début de
    l'apologue, par induction si l'enseignement est placé à la fin;
    le sous-entendu, l'implicite et l'explicite, la part de la persuasion
    et de la conviction)
   -la visée (explicitée ou non; unique ou multiple, morale, politique et/ou
    philosophique; morale ou pragmatique; critique et/ ou proposition
    d'un modèle idéal; prise en charge par un personnage, le narrateur
    ou quelqu'un d'autre
   -l'expression stylistique : particularités typographiques,
    affirmation, injonction, conseil, question, formules
    généralisantes, présent gnomique)
   -le rapport entre la fiction et la visée  (concordance ou décalage,    
    effet de surprise; le récit illustre, porte ou dépasse la thèse)
   Pour la fable, pensez à étudier
   -si elle est versifiée : la métrique
   -l'analogie animaux/humains (systèmes de personnification)
LE THEATRE
   -la situation : l'exposition, l'action (péripéties, coup de théâtre), le     dénouement; l'échange d'informations entre personnages, le conflit
    ou l'entente, l'opposition ou la collusion d'intérêts, d'idées, de     sentiments
   -le thème : champs lexicaux, arguments, les connecteurs logiques pour     apprécier l'évolution dans le traitement du thème
   -les composantes du texte : le dialogue (stichomities, réplique, tirade,     récit), le monologue, l'adresse directe au public; les didascalies, le     rapport de proportion et d'imbrication entre texte et didascalies
   -la dynamique de la parole : la longueur des prises de parole,
    les tours de parole, les rapports de domination ou de soumission     vis-à-vis de la parole de l'autre, évolution de la dynamique de la     parole dans le texte
   -les enchaînements : par répétition, interruption, opposition
   -l'énonciation : qui parle ? à qui ? l'emploi des pronoms,  la relation     entre les personnages; qui se tait ? qui est présent ? qui est absent ?     de qui parle-t-on ? qui est visible ? qui est caché ?
   -la double énonciation : le rapport auteur/public à travers l'utilisation      du récit, monologue, aparté, quiproquo, de la méprise tragique
   -distinguer l'espace matériel (scène, décors, accessoires, comédiens),     l'espace fictif (l'intrigue et les personnages qui la représentent),     l'espace dramatique (ce dont il est question  mais qui n'est pas     représenté sur scène)
   -la constitution des personnages : la typologie (le type psychologique     l'amoureux, le père abusif, le mari jaloux ...; le type social : le roi, le     maître, le valet, le confident ...); le contenu des répliques (champs     lexicaux, opinions, sentiments); les modalités d'expression (types de     phrase + ponctuation, niveau de langue, registre, figures de     style, rythme); la fonction des personnages (cf. schéma actantiel)
   -le registre : comique, tragique, pathétique; le mélange des registres
   -le genre : la comédie, la tragédie, la tragi-comédie, le drame, le théâtre     à thèse, le théâtre de l'absurde
   -les didascalies : contraignantes ou non, réalisables ou non; décors,     accessoires, mouvements, tonalité
   -le langage : verbal et non-verbal, les écarts de niveau de
    langue, l'organisation ou la désorganisation des échanges,     l'évaluation de la communication : possible, impossible,
    réussie ou non
   -la fonction de la scène : informative, délibérative, conflictuelle,     expressive
L'EPISTOLAIRE
   -la forme de la lettre : authentique ou fictive, privée ou  publique,     lettre officielle; lettre de circonstances (voeux, condoléances,     félicitations); lettre d'amour (déclaration, rupture); correspondance
    d'un épistolier célèbre; lettre ouverte; lettre dans un roman ou une     pièce de théâtre; roman épistolaire...
   -le paratexte : mention de lieu et date de l'écriture, en-tête +      informations données par l'appellatif qui désigne le destinataire,     formule finale (politesse, affection...), signature. Toutes ces
     indications permettent de mesurer le degré de proximité entre les     correspondants (relations familiale, amicale, amoureuse, conflictuelle,     hostile, hiérarchique sociale, professionnelle, intellectuelle)
   -la mise en page
   -l'énonciation : qui écrit ? à qui ?  marques personnelles du scripteur et     du/des destinataires, place et importance respective,  modalisations,     modalités expressives de phrases, temps du discours, indices     spatio temporels qui indiquent et relient les deux temps et les deux     lieux, ceux de l'écriture et ceux de la lecture, niveau de langue
    Attention à la double énonciation dans le cas du roman épistolaire,     avec un destinataire-personnage et des destinataires-lecteurs et à la     multiplicité de points de vue
   -la part d'explicite et d'implicite (dans les circonstances et événements     connus des correspondants), la compréhension lacunaire qui en     résulte pour nous, lecteurs
   -les thèmes : types de lexiques, champs lexicaux
   -l'organisation de la lettre : connecteurs logiques, effets de coq-à-l'âne,     PS
   -le/les types de textes : narratif, descriptif, informatif, argumentatif
   -le /les registres : lyrique, pathétique, tragique, comique, ironique,     satirique, polémique
   -les figures de style liées au registre
   -le type de communication : le scripteur instaure ou non un dialogue,     le scripteur monologue et semble ignorer le destinataire, création d'un     effet de communication directe, d'oralité : modalités expressives,     dialogues fictifs, syntaxe souple, expression familière création d'effets     d'écriture : utilisation maîtrisée des techniques de la narration, de     l'argumentation, présence de registres littéraires (lyrique, tragique...)
   -la/les fonctions : pour le destinataire direct, pour les lecteurs     indirects fonction référentielle (dimension informative), fonction
    expressive (enjeu personnel, dimension affective, insiste sur le     scripteur), fonction injonctive (enjeu collectif qui met en cause au     moins deux personnes, dimension argumentative de conviction ou de     persuasion, insiste sur le/les destinataires), fonction poétique     (dimension esthétique)
   -l'enjeu de la lettre: le scripteur lui-même, le destinataire, le contenu     thématique
   
LE BIOGRAPHIQUE
   

  -le genre auquel appartient le texte : les écriture du moi : autobiographie, mémoires, journal, carnet de voyages, notes ... les biographies, la fiction : roman autobiographique, auto-fiction
   Pour les écritures du moi :
   -énonciation : utilisation de la 1ère personne (le JE )

LA POESIE
    -la forme poétique ( formes fixes ballade, rondeau, ode, sonnet,     pantoum, distique, tercet, quatrain, quintil, sizain, octosyllabe,     décasyllabe, alexandrin, les rimes : leur genre = féminine, masculine;
    leur sonorité = vocalique, consonantique; leur qualité = pauvre,     suffisante, riche;  leur disposition = plates ou suivies,     croisées, embrassées 
    formes libres : poème en vers libres, poème en prose, fragment
    de prose poétique, calligramme, présence ou absence d'organisation     strophique ou en paragraphes, vers impairs, vers mêlés, vers libres,     verset)
    -la mise en page (typographie; blancs; regroupements / isolements)
    -les rythmes (ponctuation; longueur des phrases; concordance ou     discordance entre le mètre et la syntaxe : enjambement, contre-     enjambement, rejet, contre-rejet; césure; accents toniques et
    secondaires; diérèse et synérèse)
    -la musicalité (assonances, allitérations, paronomase)
    -l'énonciation (présence ou non de l'émetteur, du     destinataire, évocation de sentiments, marques de subjectivité)
    -les registres (lyrique, élégiaque, pathétique, tragique, épidictique,     épique, polémique, comique, satirique)
    -le thème (champs lexicaux : dénotation, connotation, polysémie;     détermination)
    -le type de texte (descriptif, narratif, argumentatif )
    -la visée du texte (didactique, expressive, injonctive, poétique)
    -les figures de style (figures d'analogie, d'expansion, d'atténuation,     créatrices de vie)
    -le titre 
    Pensez à étudier : les allusions historiques et culturelles liées au     moment de l'écriture;  les spécificités thématiques et
    stylistiques du mouvement auquel appartient l'auteur (l'Ecole     lyonnaise, la Pléïade, le Baroque, la Préciosité, le Classicisme, le     Romantisme, le Parnasse, le Symbolisme, le Surréalisme...) 

                 
           Chacune de ces questions doit faire l'objet d'une recherche dans le texte, qui se concrétise par un relevé,
           son identification et son analyse. C'est à partir de cette recherche systématique que se compose le plan du            commentaire.  
           Ce plan ne doit pas séparer le fond de la forme et doit éviter d'adopter une démarche linéaire par rapport
           au texte. Le commentaire doit être organisé et composé.

           La rédaction du commentaire                                              

           L'introduction se rédige en un seul paragraphe. On doit y trouver les informations suivantes :
                   - informations concernant l’auteur (dates, mouvement auquel il appartient, ses œuvres marquantes
                     si vous êtes en mesure de le faire)
                     et l’œuvre (titre, date de publication, genre)
                   - contextualisation (suivant les informations dont vous disposez) et thème de l’extrait
                   - annonce du plan (seules les parties sont annoncées)

           Le développement se compose de deux ou trois parties. Chaque partie se compose d' :
                   - une phrase d’introduction (qui prend la forme d'un mini-paragraphe) annonçant les sous-parties
                     de la partie
                   - 2 ou 3 sous-parties (une sous-partie = 1 paragraphe)
                   - une conclusion partielle (rédigée en un seul paragraphe). Elle relie les parties entre elles, se compose
                     d’une partie conclusive (elle conclut la partie qui vient d’être faite) et d’une partie introductive
                     (elle annonce la partie suivante). La dernière partie du devoir ne comporte pas de conclusion partielle
                      puisqu'il n'y a pas de nouvelle partie à introduire.

                               Chaque sous-partie se compose d’:
                                        - un champ d’étude clairement énoncé (thème, choix stylistique, effet, etc.)
                                        - de citations (introduites de manière rédigée, munies de guillemets et de leurs références
                                          de lignes)
                                        - de l’analyse de ces citations


            La Conclusion générale se rédige en un seul paragraphe. Elle contient :
                   - le bilan de chacune des parties (il faut alors se servir de ce qui a été dit dans les conclusions partielles,
                     en le reformulant pour ne pas créer un effet de redite maladroit et ajouter alors une conclusion pour la                      dernière partie du développement qui n'avait pas bénéficié d'une conclusion partielle)
                   - la mise en évidence de l’ « originalité » du texte (il ne s'agit pas ici d'aborder un aspect nouveau qui
                     n'aurait pas été traité dans le développement, mais, parmi ce que vous avez développé, de choisir
                     un aspect qui vous semble particulièrement original ou spécifique.

 

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